8Z PERCHE                                 

                  Bienvenue pour la nouvelle saison 2017, par Gilles Perrodin.    

   Jeudi 23 février : Patience, les premiers vont nous rejoindre très vite ...

   Lundi 27 février : ’’Panchita’’ vient à nouveau chercher la félicité sur l’étang du Ravoir…

 Pour la quatrième année consécutive, c’est ‘’Panchita’’ qui ouvre pour nous la liste des balbuzards s’installant en forêt d’Orléans à leur retour de migration prénuptiale, et c’est encore sur l’étang du Ravoir que s’est terminé son précoce et rapide voyage…

 Nos amis espagnols nous avaient informés l’avoir vue pour la dernière fois le 20 février dans l’estuaire du fleuve EO et ce matin, elle est venue se poser sur le nid habituel visible de l’observatoire après avoir effectué une séance de prospection en vol au-dessus de l’étang. Elle s’est ensuite perchée au sommet de l’un des troncs d’arbres morts qui hérissent la surface de l’eau et nous avons pu alors vérifier sans ambiguïté son identité par la lecture du code ‘’82’’ gravé sur la bague jaune qu’elle porte sur la patte droite. C’est peut-être déjà elle qui nous avait été signalée dès hier mangeant en milieu de journée un poisson sur une des branches qui jouxtent l’aire…  

A noter que lorsqu’elle est arrivée, un balbuzard mâle a volé un moment de concert avec elle avant de s’éloigner. Il s’agit probablement du ‘’casanova’’ non bagué qui venait s’accoupler avec elle l’an dernier en début de saison, adepte lui aussi des retours de migration très précoces (voir début de rubrique 2016). Il est en effet revenu cet après-midi et après avoir attrapé un poisson dans l’étang, il est parti en direction de son aire habituelle. Si c’est bien lui, nous le reverrons peut-être très vite s’il est encore attiré par la belle qui trônait cet après-midi sous la pluie sur un très gros piquet éloigné de l’observatoire…

 Rappelons qu’à cause de circonstances particulières, ‘’Panchita’’ a déjà tenté par trois fois de s’installer à son arrivée sur le nid emblématique du Ravoir et d’y trouver un nouveau partenaire de reproduction, avant de s’en faire évincer à chaque retour de la femelle ‘’02’’ qui l’occupe depuis 2008. Ce n’est ensuite qu’après une période de vagabondage assez chaotique qu’elle avait pu commencer à se reproduire, rejoignant notamment un nouveau compagnon sur une nouvelle aire à partir de 2015 (voir début des rubriques des trois années précédentes).

 Elle risque donc de vivre encore un printemps compliqué si, comme on peut l’espérer, la ‘’propriétaire’’ des lieux a survécu à la période hivernale et vient reprendre sa place dans à peu près une dizaine de jours comme elle en a l’habitude…

 A noter que cette dernière ne retrouvera que le nid qu’elle a occupé régulièrement pendant les neuf années précédentes, car l’aire dite de ‘’frustration’’ qu’elle avait construite l’an dernier avec le mâle ‘’8Z’’ après la mort de leur progéniture a été presque totalement détruite par les intempéries hivernales…

Mercredi 1er mars : ‘’02’’ très pressée de retrouver l’étang du Ravoir…

L’arrivée la plus précoce de la femelle ‘’02’’ datait du 8 mars 2013. Elle vient cette année de pulvériser son ‘’record’’ car lorsque nous sommes arrivés aujourd’hui à l’observatoire vers 13H30, c’est elle que nous avons trouvée perchée dans un pin situé sur la droite de son aire habituelle.

 Nous ne l’attendions pas si tôt et ce n’est que lorsqu’elle est venue se poser sur une souche au ras de l’eau et que le code gravé sur sa bague de couleur orange a été lisible que le doute sur son identité s’est estompé…

 Elle est ensuite allée se percher à l’extrémité sommitale du pin qui porte les quelques branches qui subsistent du nouveau nid qu’elle avait construit l’an dernier avec le mâle ‘’8Z’’ après la mort de leur (s) jeune (s)…

 Obligée encore cette fois de laisser la place, ‘’Panchita’’ n’aura donc pas eu le temps de bien s’installer sur le nid emblématique pour y attendre un partenaire de reproduction... C’était peut-être elle qui criait famine masquée par la végétation à notre passage en soirée près du nid du mâle non bagué qui venait s’accoupler avec elle à la même époque l’an dernier et qui était encore présent avant-hier sur l’étang…

 La période des retours de migration prénuptiale semble maintenant bien engagée car deux autres balbuzards ont été observés plus à l’ouest en forêt d’Orléans. 

‘’8Z’’ devancera-t-il lui aussi l’appel pour rejoindre très tôt cette année ‘’02’’ sur l’étang du Ravoir ?...

Vendredi 10 mars : à peine arrivé sur son cher étang, ‘’8Z’’ fait la cour à…. ‘’Panchita’’ !

 Jusqu’à hier, le ‘’casanova’’ non bagué faisait de nombreuses apparitions devant l’observatoire, se perchant souvent sur un gros piquet de l’étang ou venant y faire ses ablutions près d’une rive. Ce matin, les choses ont changé pour lui car lorsqu’il est apparu vers 10H00, c’est ‘’8Z’’, sorti de nulle part, qui l’a accueilli en criant et l’a raccompagné en vol en dehors de son territoire…

 Hélas pour le valeureux mâle, aucune femelle n’était là pour l’accueillir à son retour de migration prénuptiale. Seule après son arrivée précoce du 1er mars, ‘’02’’ semble en effet s’être éloignée momentanément du Ravoir car nous ne l’avons plus observée sur le site depuis trois jours. Peut-être est-elle partie se faire offrir des poissons par un individu encore seul sur un nid éloigné du sien,  comme ça lui est déjà arrivé en pareilles circonstances ou juste après un échec à la reproduction…

 Heureusement pour ‘’8Z’’, son célibat n’aura pas duré longtemps car cet après-midi, c’est avec surprise que nous avons identifié ‘’Panchita’’ en train de crier perchée à côté de l’aire emblématique… Peu après, le maitre des lieux lui a apporté un beau poisson entamé qu’elle lui a arraché des serres avec avidité...

 ‘’Panchita’’, dont nous nous demandions bien ce qu’elle était devenue après son éviction du Ravoir le 1er mars, semble décidemment profiter de toutes les opportunités pour tenter de s’installer sur l’étang et sur le nid visible de l’observatoire…  

Nul doute que sauf accident  ou revirement  comportemental étonnant, ‘’02’’ viendra rapidement rappeler à la belle ‘’espagnole’’ les règles de la territorialité chez les balbuzards…

Samedi 11 mars : pauvre ‘’Panchita’’, ‘’02’’ est revenue de son escapade…

 Comme il fallait s’y attendre, ‘’Panchita’’ n’aura pas profité longtemps des talents de pêcheur du mâle ‘’8Z’’. En début d’après-midi, c’est en effet ‘’02’’ qui trônait sur un gros piquet du milieu de l’étang. Sa patte droite était alors invisible, mais son identité a pu être vérifiée plus tard quand elle est venue se percher dans le gros pin tortueux situé sur la gauche de l’aire habituelle, tandis que son compagnon s’affairait à la réaménager…

 Voilà donc ce couple reconstitué pour la dixième année consécutive sur le nid emblématique. Il est gratifiant de revoir ces deux oiseaux attachants à nouveau réunis, mais compte tenu de leurs quatre précédents échecs consécutifs, nous ne pouvons qu’être pessimistes sur leur capacité à mener à bien ensemble une nouvelle tentative de reproduction … 

Quant à ‘’Panchita’’, en quels lieux la mènera sa recherche d’un partenaire disponible ? Finira-t-elle par retrouver celui avec lequel elle s’est reproduite les deux années précédentes et qui est généralement de retour vers le 20 mars ?...

Mercredi 22 mars : ‘’Panchita’’ a retrouvé son compagnon des deux dernières années…

 Le 16 mars, l’ancien partenaire de ‘’Panchita’’ semblait être seul à réaménager son aire. Le lendemain, il y était posé en tout début d’après-midi en compagnie d’une femelle dont nous avons pu voir lorsqu’elle s’est envolée qu’elle n’était pas baguée. Une heure plus tard, cette prétendante se faisait attaquer en piqué par une autre femelle.

 Après une vingtaine de minutes durant lesquelles on a pu voir à plusieurs reprises les deux belligérantes se poursuivre en vol, c’est ‘’Panchita’’ qui est revenue se percher à proximité du nid, bague jaune patte droite bien visible…

 Depuis, c’est elle qui tient la place en compagnie du mâle avec lequel elle a déjà élevé 4 jeunes. Commencée de façon chaotique comme les trois précédentes, cette nouvelle saison de reproduction devrait maintenant se dérouler pour elle sous de meilleurs auspices…

 Ailleurs en forêt, les arrivées de migration prénuptiale se poursuivent mais quelques nids paraissent encore vides…

 C’est pourtant déjà le début de la délicate période de couvaison pour le mâle non bagué qui avait été observé sur le Ravoir dès le 27 février en même temps que ‘’Panchita’’. Rien d’étonnant puisque sa partenaire habituelle l’avait rejoint tout début mars sur le site de reproduction qu’ils occupent ensemble depuis 2015…

 Quant à ‘’02’’ et ‘’8Z’’, ils sont en pleine phase d’accouplements et de préparation de leur aire. On remarque que déjà, ils doivent défendre fréquemment leur territoire vis-à-vis de congénères qui semblent le trouver très attractif…  

La ponte et la phase d’incubation de leur (s) œuf (s) devraient commencer pour eux tout début avril…

Jeudi 6 avril : ‘’02’’ va-t-elle pondre ? 

Ça fait maintenant 26 jours que le couple emblématique s’est reformé sur l’aire visible de l’observatoire et alors que la couvaison devrait maintenant être effective, le comportement des deux oiseaux nous intrigue car il ne semble pas annoncer l’imminence de cet évènement…

 Ces derniers jours, ils paraissaient en effet très perturbés et on les voyait fréquemment partir et disparaître plus ou moins longtemps derrière les frondaisons du fond de l’étang... Quand elle était présente sur le nid, ‘’02’’ semblait systématiquement refuser les accouplements que tentait ‘’8Z’’, et lui continuait quand il était avec elle à écarter un peu les ailes et à les agiter en lui tournant le dos. Généralement, ce comportement qui semble être destiné à fixer une partenaire sur l’aire ne dure que quelques jours après la formation ou la reformation du couple…

 Mardi après-midi, et alors que la femelle était invisible, nous avons pu voir le mâle partir du nid et y revenir à de nombreuses reprises avec un poisson dans les serres, se dirigeant en partant toujours dans la même direction. Ce n’est que bien plus tard que la femelle est apparue pour lui subtiliser sa prise…

 Mercredi matin, une étrangère portant une bague orange sur la patte gauche stationnait sur l’aire en compagnie de ‘’8Z’’, et ce n’est qu’en début d’après-midi que ‘’02’’ est revenue et à mis fin à cette permission étonnante et prolongée…

 Nous soupçonnons donc ‘’02’’ d’être allée rejoindre à plusieurs reprises un mâle encore seul sur son nid situé à quelques encablures de l’étang. Nous avons en effet observé plusieurs fois cet individu en compagnie d’une femelle portant comme elle une bague orange sur la patte droite et paraissant lui ressembler. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à lire le code de cette bague pour le vérifier…

 Cette hypothèse pourrait expliquer les nombreuses joutes en vol observées au loin et le comportement intriguant des oiseaux, chacun des deux mâles cherchant peut-être à attirer et maintenir la belle sur son aire…

 Ce n’est qu’une hypothèse et l’avenir nous dira si ‘’02’’ est encore apte et disposée à tenter de se reproduire une nouvelle fois avec ‘’8Z’’ après les échecs de leurs quatre dernières tentatives…

 Aujourd’hui en début d’après-midi et dans une ambiance paraissant cette fois sereine, seul le mâle est apparu par deux fois sur l’aire… 

Ailleurs en forêt, ‘’Panchita’’ vient de rejoindre le cercle des quelques femelles qui ont déjà commencé à pondre et à couver…

Mercredi 12 avril : ‘’02’’ laisse une congénère prendre sa place auprès de ‘’8Z’’ !

 Nous n’avions jamais observé auparavant une femelle délaisser vers la fin de la période d’accouplements son aire et son partenaire des années précédentes pour aller rejoindre sur un autre site un nouveau mâle disponible et commencer à couver avec lui… C’est pourtant à ce scénario improbable que ‘’02’’ vient vraisemblablement de nous faire assister… 

Depuis dimanche dernier inclus, c’est en effet une femelle non baguée qui campe et semble maintenant bien installée sur le nid visible de l’observatoire en compagnie de ‘’8Z’’…

 Paraissant peu perturbé par ce changement de compagne, le mâle a proposé aussitôt à la nouvelle venue une belle série d’accouplements qu’elle a visiblement acceptés et dont certains nous ont paru déjà très aboutis…

 Nous nous étonnions depuis cet évènement de ne pas voir ‘’02’’ venir chasser cette intruse de l’aire qu’elle occupait depuis neuf ans, puis nous avons constaté avec surprise hier matin que c’est probablement elle qui commence à couver sur le nid du mâle célibataire auquel elle semblait faire de nombreuses visites ces derniers temps…

 Précisons cependant que nous observons ce couple à plus de 300 mètres de distance pour ne pas le perturber et que nous n’avons pas encore pu vérifier avec certitude l’identité de la couveuse…

 Si donc il s’agit bien de ‘’02’’, ces constatations constituent l’épilogue d’une saga printanière riche en rebondissements sur l’aire visible de l’observatoire…

 Nous ne pouvons qu’émettre des suppositions sur la cause du comportement exceptionnel de cette femelle emblématique, mais rien n’interdit de penser qu’il puisse être la conséquence d’une série de quatre échecs consécutifs l’incitant peut-être instinctivement à changer de partenaire pour tenter de réussir à nouveau une reproduction… 

Espérons que nous la verrons atteindre cet objectif cet été et qu’il en sera de même pour ‘’8Z’’ avec sa nouvelle compagne…

Jeudi 20 avril : ‘’8Z’’ et Zora en pleine ‘’lune de miel’’…

Le couple formé par ‘’8Z’’ et sa nouvelle partenaire (que nous avons prénommée Zora) semble maintenant bien consolidé et se prépare avec harmonie à la période de ponte et de couvaison. Zora semble très motivée pour y parvenir car si elle passe une grande partie de son temps perchée juste à côté de l’aire, elle y vient fréquemment pour inciter ‘’8Z’’ à l’accouplement et participer à son réaménagement.

 Quant au valeureux mâle, il répond toujours présent à ces sollicitations et parait aussi très actif à la préparation du nid. L’étang ayant été à l’évidence bien réempoisonné cet hiver, il pêche très souvent sur place et n’a donc aucun mal à assurer l’approvisionnement en nourriture de sa belle…  

 La ponte intervenant généralement entre 15 et 25 jours après la formation des couples de balbuzards, l’heureuse conséquence de cette ‘’lune de miel’’ devrait se situer courant semaine prochaine ou tout début mai, à moins que Zora ait déjà copulé avec un autre mâle avant de venir rejoindre ‘’8Z’’ sur l’étang du Ravoir…

 A quelques encablures de là, la couvaison parait maintenant bien établie sur l’aire qu’occupe cette année ‘’02’’, mais son début a été un peu difficile. Nous avons en effet constaté que son nouveau compagnon n’a commencé à la relayer que plusieurs jours après la dépose du premier œuf. La ‘’défaillance’’ temporaire de ce mâle était peut-être due à une période d’accouplements encore insuffisamment longue lorsque la vénérable femelle a commencé à pondre, mais les choses semblent maintenant rentrées dans l’ordre… 

Ailleurs en forêt, l’incubation des œufs bat son plein sur une grande majorité des aires de balbuzards. N’oublions donc pas qu’ils sont très sensibles à l’approche humaine et ont besoin de la plus grande tranquillité pour mener à bien cette tâche délicate…

Dimanche 23 avril : Zora a pondu un premier œuf ! 

Deux semaines seulement après avoir remplacé ‘’02’’ auprès de ‘’8Z’’, Zora a commencé à pondre. Nous l’avons en effet trouvée couchée dans l’aire en début d’après-midi et c’est elle qui a assuré jusqu’en soirée la majorité de ce début de couvaison.

Le mâle l’a seulement remplacée un court instant lorsqu’elle est allée manger et elle a paru à ce stade peu disposée à céder la place, lui manifestant parfois une certaine agressivité quand il se posait à côté d’elle…   

Les voilà partis pour plus de cinq semaines délicates de couvaison…

Samedi 6 mai : ‘’Zora’’ et ‘’8Z’’ couvent maintenant en totale harmonie…

 Peut-être totalement convaincue par ses prestations de mâle reproducteur, ‘’Zora’’ semble devenue placide vis-à-vis de ‘’8Z’’. Elle le laisse maintenant la remplacer longuement à la couvaison et leurs relais sont des modèles de rapidité. Citons par exemple celui observé cet après-midi sous une pluie battante et qui a duré à peine 30 secondes (voir vidéo) …

 Pour les visiteurs du site du Ravoir, signalons qu’elle va souvent consommer les proies que le mâle lui apporte sur une grosse branche d’un pin situé loin sur la droite du nid et que l’on ne peut voir qu’à partir de la fenêtre ménagée à l’extrême gauche de l’observatoire.

 C’est vers la toute fin du mois de mai que nous espérons assister à la réussite de la collaboration harmonieuse de ces oiseaux…

 Ailleurs en forêt, les deux couples habituellement les plus précoces élèvent déjà des poussins et dans une semaine, ‘’Panchita’’ devrait voir également ses œufs commencer à éclore… 

Quant à ‘’02’’, elle continue elle aussi à couver sereinement avec son nouveau compagnon, mais ce n’est qu’après le 20 mai que nous saurons si son début de couvaison chaotique n’a pas eu de conséquences néfastes sur sa ponte…

Mardi 16 mai : heureux évènement sur le nid de ‘’Panchita’’…

 Les naissances se succèdent maintenant sur les nids de balbuzards et sauf pour ceux qui sont surveillés par l’œil indiscret d’une caméra (voir notamment sur le site  www.sfe-france.com/balbuzards.html celui situé sur un pylône HT en Sologne et qui contient déjà trois jeunes), c’est le comportement de la femelle suite à l’apport d’une proie par le mâle qui nous indique qu’un premier poussin est né...

 Elle se restaure en effet à partir de ce moment sur l’aire et nous la voyons au cours de ses repas se pencher de temps en temps pour présenter des petits morceaux de poisson à sa progéniture... Les toutes premières becquées ne durent en général que quelques minutes et sont souvent données en présence du mâle resté en surveillance à côté de sa compagne. Elle se recouche ensuite rapidement pour réchauffer à nouveau sa nichée.

 C’est ce que nous avons constaté ce matin sur le nid de ‘’Panchita’’, 39 jours après qu’elle ait commencé à pondre et à couver…

 Espérons que les pluies conséquentes annoncées par la météo pour ces tous prochains jours ne viendront pas compromettre la survie des nombreux poussins déjà nés en région Centre comme ça avait été le cas l’an dernier à cause de celles qui s’étaient abattues de façon diluvienne et sans discontinuer les 30 et 31 mai… 

Sur l’étang du Ravoir ‘’Zora’’ et ‘’8Z’’ surmonteront probablement sans trop de difficultés ces intempéries car ils n’auront encore que des œufs à protéger et à couver… 

Il n’en sera peut-être pas de même pour ‘’02’’ qui pourrait voir son premier poussin naître dans deux ou trois jours si sa couvaison s’est bien passée…

Lundi 22 mai : ‘’02’’ a réussi sa couvaison…

 Bien que le nouveau partenaire de ‘’02’’ n’ait consenti à la relayer à la couvaison que plusieurs jours après son début de ponte, le couple a réussi à la mener à bien et vient de voir éclore au moins un de ses œufs. Nous avons en effet observé pour la première fois dans la matinée du 19 mai la femelle donner une très courte becquée à un poussin premier-né. Celle à laquelle nous avons assisté à notre passage devant cette aire aujourd’hui vers 17H00 a été beaucoup plus longue…

 Nous suivrons bien entendu avec intérêt le devenir de cette nichée et dans environ une semaine, ça devrait être au tour de ‘’Zora’’ de commencer à nourrir sa progéniture sur le nid de l’étang du Ravoir… 

A noter pour les visiteurs qui viendront avec l’espoir d’assister à ces scènes de vie qu’un couple de faucons hobereaux semble s’installer dans la zone des grands pins situés sur la rive gauche en face de l’observatoire. Il est toujours plaisant d’observer ces magnifiques petits rapaces perchés ou volant à allure vertigineuse quand ils chassent les insectes au-dessus de l’étang…

Mercredi 31 mai : naissance sur l’aire de ‘’Zora’’ et ‘’8Z’’ !

 Déjà ce matin, les signes que l’éclosion d’un œuf était en cours ou déjà effective étaient manifestes, mais ‘’Zora’’ ne s’était pas encore penchée vers le fond du nid en mangeant le poisson que venait de lui apporter ‘’8Z’’. Ce fut fait à deux reprises cet après-midi, indice évident qu’un premier poussin était né et pouvait déjà être alimenté…

 Après cette deuxième becquée, la femelle est allée se rafraichir près d’une rive de l’étang, puis est revenue couver sa nichée tandis que le mâle se restaurait à son tour sur l’aire…

 Ce couple est parmi ceux que nous connaissons en forêt domaniale d’Orléans et sa périphérie le dernier à voir naitre sa progéniture. Espérons maintenant qu’il pourra la voir voler vers fin juillet et que le valeureux ‘’8Z’’ aura pu vers début septembre l’emmener jusqu’à émancipation… 

Signalons également que tout semble aller pour le mieux sur les nids de ‘’02’’ et de ‘’Panchita’’, et que nous avons déjà pu vérifier que cette dernière élève au moins deux jeunes…

Vendredi 9 juin : ‘’02’’ élève trois jeunes !

 Le changement de partenaire et de site de reproduction semble avoir été bénéfique à ‘’02’’ puisque nous avons pu vérifier qu’elle élève cette année trois poussins. Agés maintenant d’environ 19 jours pour le premier né, ils paraissent pleins de vie…

 Il se confirme également que ce sont deux jeunes qui grossissent sur le nid de ‘’Panchita’’. A ce stade d’à peu près trois semaines après éclosions, la surprise d’en découvrir un troisième s’amenuise mais reste cependant toujours possible… 

Il est par contre encore un peu trop tôt pour apercevoir celui ou ceux élevés par ‘’Zora’’ et ‘’8Z’’ sur l’aire visible de l’observatoire. Nous avons pu observer aujourd’hui en soirée une becquée après l’apport d’un poisson par le mâle au moment où passaient des intrus, mais aucune petite tête ne s’est encore montrée à cette occasion à travers les branches bordant le haut du nid. Patience donc…

Mercredi 14 juin : au moins deux poussins sur l’aire de ‘’Zora’’ et ‘’8Z’’ !

 Quatorze jours après l’observation des toutes premières becquées, nous avons enfin vu aujourd’hui la tête d’un poussin dépasser du dessus de l’aire du couple emblématique et pu vérifier en même temps qu’il a au moins un frère ou une sœur…

 La petite tête d’un jeune se dressait en effet sur la gauche de Zora qui stationnait sur le nid à notre arrivée vers 14H00. ‘’8Z’’ qui était perché est venu les rejoindre et a commencé à donner la becquée à au moins un autre poussin caché par les branches. Alors qu’il avait entrepris de nourrir également celui qui était visible, le mâle a dû céder la place à la femelle qui lui a subtilisé le poisson et a continué le nourrissage de la nichée…

 Nous ne devrions pas tarder à apercevoir simultanément les deux petites têtes, et qui sait peut-être une troisième… 

A noter que cette année, c’est un couple de grimpereaux qui a probablement élu domicile dans la partie inférieure de l’aire des balbuzards ou juste au-dessous. Ils doivent nourrir eux aussi leurs jeunes car on les aperçoit très fréquemment arriver à leur nid en grimpant le long du tronc du grand pin…

Lundi 26 juin : nouvelle consternante…

 Pour la cinquième année consécutive, un sort funeste vient de frapper les jeunes balbuzards qui grandissaient sur le nid emblématique de l’étang du Ravoir !

 Alors que nous assistions encore samedi après-midi à une becquée donnée à au moins deux petits, les personnes qui effectuaient dimanche l’accueil du public à l’observatoire ont constaté que la femelle ne protégeait plus sa nichée et restait en permanence perchée à distance de l’aire…

 A la suite de ce constat désolant, une prospection a été effectuée en soirée sous le pin qui porte cette aire. Elle s’est avérée infructueuse et un grimpeur qui l’a visitée aujourd’hui l’a trouvée vide…

 Le changement de femelle cette année n’a donc pas mis fin à la série noire qui frappe ce nid et une nouvelle fois, nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses sur les causes de la disparition des jeunes qui étaient âgés d’un peu plus de trois semaines…

 Une mort ‘’naturelle’’ est évidemment possible mais la femelle aurait-elle dans ce cas évacué du nid les deux ou trois cadavres ? Peu probable, mais un prédateur ailé s’en est peut être chargé…

L’attaque par un autre rapace comme le très téméraire autour des palombes parait plus plausible, mais l’énigme reste entière…

Jeudi 7 juillet : c’est la période des premiers envols…

 Les jeunes balbuzards nés des deux couples particulièrement précoces à se reproduire en forêt d’Orléans volent depuis déjà une quinzaine de jours, mais c’est maintenant et jusque vers la fin du mois de juillet que vont se succéder les premiers envols sur les autres nids de la région Centre…

 Ce matin, les deux juvéniles élevés par ‘’Panchita’’ et son partenaire nous ont paru très proches de franchir cette étape capitale et toujours risquée. Lun d’eux s’entrainait à battre des ailes malgré la forte chaleur, tandis que l’autre criait famine et que ‘’Panchita’’ apportait encore des branches sur l’aire en attendant l’arrivée du mâle avec un poisson…

 A notre visite hier vers 9H00, les trois jeunes engendrés par ‘’02’’ et son nouveau compagnon recevaient la becquée de leur mère. Ils nous ont paru en pleine forme et s’approchent eux aussi de leur premier envol…

 A noter que ces jeunes oiseaux ont été bagués respectivement les 27 et 30 juin et qu’ils pourront peut-être ainsi nous donner de leurs nouvelles dans le futur…

 Sur l’étang du Ravoir, ‘‘Zora’’ et ‘’8Z’’ semblent avoir surmonté la frustration liée à la disparition de leur nichée. Comme ça arrive quelquefois juste après une interruption brutale de la reproduction, la femelle a paru absente pendant quelques jours, mais elle attendait hier sur le nid un poisson que le mâle lui a apporté vers 11H00…  

Pour le moment, le couple en échec semble se contenter d’apporter quelques nouvelles branches sur son aire habituelle pour continuer à exprimer son instinct de reproduction car aucune nouvelle ébauche de nid n’est visible de l’observatoire…

Jeudi 13 juillet : ‘’02’’ voit enfin voler sa progéniture…

 C’est hier matin que nous avons constaté que les jeunes élevés par ‘’02’’ et son nouveau partenaire ‘’3J’’ (jeune mâle de 6 ans né en forêt d’Orléans) avaient pris leur premier envol. Nous n’avions cependant pas la certitude que les trois juvéniles avaient franchi sans encombre cette étape délicate car deux seulement étaient venus ensemble à plusieurs reprises sur l’aire et avaient reçu une courte becquée de leur mère…

 Ce fut encore le cas lors d’une station d’observation de plus de deux heures ce matin mais en soirée, les trois jeunes étaient présents lors de l’apport d’une nouvelle proie par leur père nourricier…

 Quel beau spectacle ensuite quand la brave femelle ‘’02’’ a nourri ses trois rejetons maintenant volants alignés à sa gauche dans le nid…

 Le changement de partenaire et de site de reproduction qu’elle a effectué fin mars lui a donc été bénéfique après les quatre années noires qu’elle a connu auparavant sur l’aire ‘’maudite’’ du Ravoir…

 A peu près en même temps ‘’Panchita’’ a vu elle aussi sa nouvelle descendance voler pour la première fois. Un de ses jeunes était en effet volant et l’autre s’entrainait activement à battre des ailes lors de notre dernière visite à ce site le 11 juillet… 

Même si elles donnent encore la becquée à leurs juvéniles, ils sont probablement déjà capables de se nourrir seuls et ces femelles en ont maintenant presque fini pour cette année avec leur ‘’mission’’ de reproduction...  

Il n’en est pas de même pour les mâles qui devront assurer l’approvisionnement en poissons aux jeunes oiseaux jusqu’à ce qu’ils s’émancipent, un mois à un mois et demi après leur premier envol…

Vendredi 28 juillet : des jeunes qui crient beaucoup…

 La plupart des jeunes balbuzards nés en forêt d’Orléans et sa périphérie sont maintenant volants et il est même probable que le temps de l’indépendance soit déjà effectif pour certains parmi les plus âgés…

 Ceux élevés par ‘’Panchita’’ et ‘’02’’ n’en sont pas encore à ce stade et passent la majeure partie de leur temps à attendre en criant aux alentours de leur nid l’apport du prochain poisson. Lorsqu’il arrive, la compétition pour se l’approprier est parfois assez rude et c’est alors le plus rapide ou le plus agressif, donc souvent le plus affamé, qui gagne la partie…

 S’il mange ensuite encore sur l’aire, c’est souvent en continuant à pousser de longs cris aigus et en protégeant la proie sous l’œil envieux d’un autre affamé resté à son côté. Ce dernier attendra qu’il soit repu pour se nourrir à son tour, ou la prochaine livraison…

 Quand le poisson n’est pas trop lourd, les juvéniles commencent aussi à l’emporter pour le manger perché dans un arbre. Attention alors à ne pas le laisser tomber comme il nous est déjà arrivé de le filmer dans le passé sur l’étang du Ravoir (voir vidéo ‘’histoires de poissons’’ dans la galerie photos de 2011) ou comme la jeune femelle élevée l’an dernier par ‘’Panchita’’ nous avait donné l’occasion de l’observer le 23 août…

 A noter qu’hier vers 18H00, c’est ‘’02’’ qui a apporté une proie entière à ses jeunes (voir vidéo). Le poisson ne lui ayant pas été transmis par le mâle auparavant, on ne peut que déduire que c’est elle qui est allée le pêcher. Une fois n’est pas coutume…

 Ce soir sur l’étang du Ravoir, ‘’Zora’’ attendait perchée près de son aire que ‘’8Z’’ lui apporte un poisson. Le faucon hobereau trônait à l’extrémité horizontale du pin qui portait les anciennes ébauches de nid des balbuzards, prêt à attaquer tout rapace s’approchant de son territoire de nidification. Deux petits grèbes huppés suivaient un adulte en pépiant… 

Le spectacle est donc toujours assuré en venant à l’observatoire…

Mercredi 16 août : la période des départs en migration automnale est lancée…

 Observée très tôt dès le 27 février en forêt d’Orléans, ‘’Panchita’’ est probablement déjà retournée sur son site d’hivernage situé dans l’embouchure du fleuve Eo, au nord de l’Espagne. Les chances sont grandes en effet pour que ce soit elle que nos amis espagnols ont photographiée de très loin le 13 août sur un des perchoirs qu’elle fréquente habituellement en hiver dans cet immense estuaire. Ils espèrent pouvoir l’approcher prochainement de plus près, peut-être en bateau, pour essayer de le vérifier par la lecture du code de la bague de couleur jaune que portait sur la patte droite la femelle observée…

 Si c’est bien elle, ‘’Panchita’’ a comme à son habitude laissé son partenaire de reproduction assurer l’approvisionnement en poissons de leurs jeunes jusqu’à ce qu’ils soient eux-mêmes capables de pêcher… L’un d’eux était en effet encore présent ce matin en forêt d’Orléans, criant à proximité de son nid en espérant l’arrivée d’un énième poisson. Il aura cependant dû attendre un certain temps avant de pouvoir satisfaire son appétit car son père se contentait à ce moment de faire sa toilette, perché au loin au sommet d’un arbre mort… 

 Nous avons pu observer également ce matin qu’un juvénile criait aussi non loin de l’aire de ‘’02’’. A moins d’être chanceux ou très patient, il est difficile à ce stade de savoir si les trois qu’elle a élevé avec succès cette année fréquentent encore leur site de naissance ou si une partie de la fratrie a déjà pris son indépendance… Elle-même se fait très discrète car nous ne l’avons pas vue depuis plusieurs jours. Si l’on s’en réfère aux années précédentes, il est cependant fort possible qu’elle fasse toujours acte de présence mais reste longuement perchée invisible à bonne distance de son nid…

 Cette situation est d’ailleurs celle de nombreuses aires qui à cette époque peuvent paraître désertées alors qu’elles continuent à être surveillées par les adultes encore présents et servent toujours à l’apport des poissons aux jeunes ou aux femelles qui n’ont pas quitté définitivement les lieux…

 Dimanche dernier sur l’étang du Ravoir, ‘’Zora’’ et ‘’8Z’’ occupaient ensemble l’espace devant l’observatoire, en vol ou stationnant sur différents perchoirs. Aujourd’hui, seul le mâle a été visible, posé près de son aire lors d’une visite matinale, puis prenant un bain cet après-midi avant de faire sa toilette sur un gros piquet de l’étang… Il est donc possible que comme beaucoup de femelles, ‘’Zora’’ subisse sa pulsion migratoire postnuptiale en août et qu’elle ait quitté le site tout récemment. Ça reste cependant à confirmer car nous n’avons pour elle aucune date de dernière observation en référence… 

Quant à ‘’8Z’’, il devrait se faire admirer sur l’étang pendant encore plus d’un mois…